"Celui qui pose une question est bête cinq minutes, celui qui n'en pose pas l'est toute sa vie."
Bernard Werber - Les Fourmis

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Témoignage Anonyme
Catégorie : Transition en famille
Vers 25 ans je me suis sentie super fatiguée, j'étais malade tout le temps (une année entière en 2008!) et petit à petit j'ai fait plein d'expériences pour me sortir de ça. Je me souviens que je me disais "si je suis comme ça à 25 ans, comment je vais aller jusqu'à 50 ans?!?"
J'ai fait des cures d'argile, de sommeil et suis passée au bio.
Vers 28 ans, je me suis dit que si j'attendais pour avoir des enfants je n'aurais pas l'énergie de m'en occuper. J'ai donc eu ma première grossesse. Et là, une fois maman, il n'était plus question que ça dure. Je me suis renseignée et ai découvert plein de choses sur le traitement des animaux, le gluten, les produits laitiers... Lors de la diversification alimentaire de mon fils, ne parvenant pas à lui donner de la viande ou des produits laitiers, nous sommes passés vegans. Mais je manquais d'infos vraiment fiables au sujet du gluten. Avec mon mari, nous avons décidé d'attendre sa première année pour lui en donner, car nous avions peur de "le rendre" intolérant en ne lui en donnant pas du tout.
Et étant donné qu'on révolutionnait déjà notre propre mode de vie alimentaire (en tentant à tort de "remplacer" les aliments supprimés) nous avons résisté autant qu'on pouvait mais nos habitudes et addictions nous rappelaient terriblement à l'ordre et nous manquions d'idées. Nous nous sommes donc remis à consommer du gluten et mon mari du fromage, donc mon fils également.
Avec l'alimentation végane, j'avais constaté un regain d'énergie. Mais ce n'était pas suffisant. (À l'époque, j'étais tellement épuisée que je mangeais une tablette de chocolat par jour pour me doper! Pauvre bidou allaité!!!)
Et puis j'ai entendu parler de crudivorisme. Plus intriguée qu'autre chose, j'ai lu sur le sujet. Et je suis partie en quête spirituelle. Dans ma famille, on a une grosse tendance à la dépression et je ne voulais pas "finir comme ça" (pourtant j'étais en burn out total mais sans m'en rendre compte, je ne comprenais juste pas pourquoi je n'arrivais pas à m'occuper de mes enfants aussi bien que ce que je leur souhaitais). Nous étions déjà adeptes de jus de légumes (heureusement pour mon fils dont son alimentation était très acidifiante) et je me suis mise à manger de grandes quantités de fruits et légumes crus. Puis à manger cru toute la journée avec des pommes de terre le soir (sans gluten donc). Et mon fils (qui avait deux ans à cette période-là) m'a suivi très volontiers! Lui qui adorait croquer dans les légumes avant cuisson mais qui en mangeait peu après, y trouvait aussi son compte. Il est devenu tout calme et moi pleine d'énergie. Par contre, il nous a fait une grooooosse détox qui a duré deux mois (le nez qui coule, à fond!).
À ce moment-là, j'ai été convaincue que l'alimentation crudivore était la clef à bon nombre de mes soucis. Sauf que ça avait un coup financier (avec les jus de légumes surtout!) et qu'au premier écart j'ai replongé. Surtout que mon mari doutait un peu que ce soit si miraculeux que ça.
J'ai tout de même continué de me renseigner sur le sujet et de nourrir mon fils avec le plus de cru et le moins de gluten possible. Et puis il y a eu ma deuxième grossesse. Je faisais le maximum d'efforts. J'ai été récompensée à l'accouchement (100% naturel, 2 heures 30 de travail contre 14 heures horribles qui ont fini en péridurale à mon premier).
Un jour, je suis tombée sur une vidéo d'un couple qui ventait les mérites de smoothies verts (dits "prébiotiques") et j'ai voulu essayer, manquant toujours d'idées pour manger des légumes verts vu qu'on faisait un peu moins de jus. Ça a été une expérience magique! Au bout de 4 mois, je me suis rendue compte que je n'avais pas acheté de chocolat pendant tout ce temps! Je me suis mise à dormir bien mieux et avoir plus la forme.
Je voulais partager ça avec mon mari toujours aussi sceptique. J'ai donc décidé de "provoquer" sa prise de conscience. J'ai cuisiné cru toute la journée pour les enfants et moi pendant qu'il était au travail et sans gluten au moins les soirs et weekends. Et certainement pas de produits laitiers!
Au bout de deux semaines, il a voulu faire des pâtes (ah l'appel du gluten!). Je lui ai dit "tu fais ce que tu veux du moment que tu gères les enfants après". Deal. Mon fils s'est mis à courir en boucle dans l'appartement, d'une pièce à l'autre, sans s'arrêter pendant au moins 10 minutes. Mon mari s'est énervé (c'est stressant!) et a décidé de les sortir au parc, puis de leur faire faire une sieste. Il ne "comprenait pas ce qu'il se passait". Moi je rigolais intérieurement même si ça me faisait vraiment de la peine de voir mon fils comme ça! J'ai fait un jus, expliqué à mon mari que les enfants n'avaient pas mangé de gluten pendant deux semaines et nous avons terminé la journée en mode crudivore. Il n'a pas eu d'autre choix que d'accepter ce qui était évident...
Ne ressentant tout de même pas ce besoin de se nourrir de cette manière, mon mari a voulu continuer à cuisiner pour lui. Mais c'était bien souvent problématique parce que les enfants mangeaient cru avec moi et le harcelaient pour quelques miettes de son repas ensuite. Et il a pu faire un nouveau constat : je me suis transformée! Fini les heures perdues sur la tablette à jouer, les levers difficiles, les manques d'inspirations pour les activités de la journée avec les enfants, et bonjour la joie, la bonne humeur, la pensée positive, la créativité (qui m'a valu de trouver un nouveau travail) et j'en passe...
Il a donc eu envie d'essayer. Ça a été très difficile dans un premier temps vu que le seul fruit qu'il aimait était la pomme bien verte mais il a tenu bon parce qu'il sentait qu'avec un sommeil réparateur il pouvait être plus efficace au travail et à la maison (les pensées plus fluides, plus rapides). Il ne s'en est pas rendu compte mais il est aussi devenu bien plus patient et actif avec les enfants.
Et un peu avant Noel cette année, il a craqué pour des pâtes. Et comme on s'y attendait, mon fils a voulu suivre. Rebelote, âgé cette fois de 4 ans, mon fils s'est remis à courir d'une pièce à l'autre dans la maison sans s'arrêter. Sauf que là, c'est lui qui en a pris conscience. Il m'a dit : "maman, j'aimerais bien jouer mais je n'arrive pas à m'arrêter de courir" et il a décidé de faire une sieste en espérant que ça passe pendant ce temps-là.
Il faut savoir qu'il s'est rendu compte de l'amélioration de son état en passant crudivore. Il disait "j'aime bien avoir plus d'idées quand je dessine ou quand je joue". Il se sentait plus positif et moins agressif aussi.
Sinon, on a fait un gros écart produits laitiers à Noel et là c'est la fête du nez qui coule, des douleurs articulaires, des sommeils perturbés pour toute la famille et des addictions qui reviennent (le chocolat pour moi!). Beurk. Surtout qu'après un repas comme ça, on se jette sur des fruits ou un jus de légumes, sentant que notre corps n'a pas été "nourri" avec ce dont il a vraiment besoin.
Donc pour moi, il n'y a pas photo, les produits laitiers et le gluten sont à bannir de l'alimentation d'un enfant (et d'un adulte!). Et il en va de même pour tout ce qui est des sucres et autres produits raffinés. Et si on élimine tout ce qui n'est pas sain de notre assiette et qu'on souhaite conserver une alimentation équilibrée, variée et riche en nutriments assimilables, c'est tout naturellement qu'on choisit la voie du crudivorisme. Surtout que quand on a pris ce chemin, l'envie de faire marche arrière est inexistante! Ce n'est certes pas une démarche qui est un long fleuve tranquille mais le jeu en vaut la chandelle! :D